Le groupe Carré d’Or, histoire d’un acteur industriel incontournable de la Côte d’Ivoire


29/01/2018Niousha Bayat



Tout commence avec l’arrivée en Côte d’Ivoire du grand frère de la famille Ibrahim Ezzedine, venu du Liban pour travailler chez des oncles déjà installés depuis les années 60. Petit à petit il  démarre sa petite boutique devenue aujourd’hui le premier groupe industriel du pays, employant entre 7 000 et 7 500 personnes.

Il opère alors dans la vente en gros à Treinchville. A une époque où les français dominent le marché, les Ezzedine deviennent les premiers libanais à importer des marchandises en Côte d’Ivoire ; principalement de la tomate concentrée, des piles électriques, des pâtes alimentaires, du lait en poudre et du lait liquide.
Le petit frère d’Ibrahim, et PDG actuel du groupe Carré d’Or, Zouheir Ezzedine,  arrive en 1993. Son aîné en profite pour se lancer dans la diversification des activités du groupe.
C’est dans cette optique qu’ils créent la société SAS Transit en 1995, pour gérer les sorties de containers du port. Elle devient rapidement le plus grand importateur du pays, distribuant les produits Nestlé et Grands Moulins.
Trois ans plus tard, le groupe lance CAPRACI (Compagnie africaine de produits alimentaires en Côte d'Ivoire), la seule usine de pâtes alimentaires en Côte d’Ivoire, avec une capacité de production de 350 tonnes par jour. Le groupe demeure un des seuls producteurs à ce jour et pense même à ajouter une nouvelle ligne de production pour augmenter son débit de 100 tonnes par jour – un projet qui verra le jour en 2018. Aujourd’hui, ses produits sont exportés au Burkina Faso, Mali, Togo, Bénin, Libéria, Sénégal et Ghana.


Après la libéralisation du marché, le groupe se lance dans l’importation de riz en 2000 ; une initiative qui sera, elle aussi, couronnée de succès. Grâce à un partenariat avec la société Louis Dreyfus, le groupe devient, en seulement trois ans, le premier importateur de riz en Côte d’Ivoire.
En 2005, le groupe lance CIPREMCI (Compagnie ivoirienne de production d’eau minérale en Côte d’Ivoire) à Bonoua, qui produit l’eau minérale Céleste à partir d’une source naturelle forée dans les profondeurs du pays Abouré. Suite à des investissements importants en 2007 et le renouvellement des lignes de production, la société devient le deuxième producteur d’eau minérale du pays.

En 2006 et 2007, le groupe lance le projet des Moulins Modernes de Côte d’Ivoire, avec une capacité d’écrasement de 1 000 tonnes de blé par jour, avec deux lignes, une pour la farine tandis que l’autre mélange farine et semoule. Ils démarrent la production en Mai 2009, mais confrontés à la société des Grands Moulins d’Abidjan, il est impossible de pénétrer le marché avant de conclure un accord avec la société Abidjanaise. Aujourd’hui MMCI est le deuxième distributeur et prévoit une extension de 600 tonnes d’écrasement par jour pour arriver à 1 600 tonnes par jour. La société dispose d’une capacité de stockage de 48 000 tonnes de blé qui va atteindre les 60 000 tonnes avec l’extension.

En 2010, le groupe rachète la société d’imprimerie et cartonnerie du Groupe Omaïs ainsi que deux autres usines qu’il fait fusionner, et se positionne ainsi comme le premier producteur de cartons de la Côte d’Ivoire.
Le groupe démarre en 2013 un projet de production de tomates concentrées, ketchup et des conserves de petits pois qui voit le jour  début 2017.
La même année, la société FLEPACI est créée et se  spécialise dans l’emballage cellophane. La diversification des activités du groupe les emmène à créer la société de construction immobilière SIREMA. Le groupe possède aussi des unités d’ensachage de riz (petit emballage), de lait en poudre (marque Laity), et de café (marque Olinda). Ils sont le premier importateur de lait en poudre en Côte d’Ivoire. Grâce à des opérations de rachat stratégique comme l’acquisition de la société Afribache, le groupe maîtrise la chaîne de production de A à Z de la fabrication à la vente en passant par l’emballage.


Zouheir Ezzedine, aujourd’hui PDG du groupe, a une vision sans limites et continue d’investir et d’étendre les activités du groupe. Il prévoit la production de boissons et de jus dans un futur proche, ainsi que des produits agricoles (café, cacao, anacarde). Il reconnait le fort potentiel agricole de la Côte d’Ivoire et invite le gouvernement à encourager de plus en plus d’entrepreneurs vers ce secteur qui selon lui représente l’avenir. M. Ezzedine est un homme d’affaires exigeant avec lui-même et mais aussi envers les autorités locales dont il réclame plus d’actions car les « les coûts de production de l’électricité, des produits pétroliers et gaziers sont chers, et la main d’œuvre rare ».

Le groupe Carré d’Or ce n’est pas seulement les affaires, mais aussi la responsabilité sociale. Il contribue activement au développement socioéconomique du pays en construisant des écoles dans les différentes régions du pays. Il a même construit aussi un nouvel hôpital aux normes européennes, « la clinique Farah » à Marcory qui dispose de 100 lits.

L’aventure familiale n’est pas prête de s’arrêter avec l’arrivée récente des neveux fraîchement diplômés qui viennent renforcer les équipes de management pour satisfaire la vision innovatrice de Zouheir Ezzedine.

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