LE CONSEIL DU COTON ET DE L’ANACARDE DE CÔTE D’IVOIRE ET LE SIETTA 2018 : UNE STARTEGIE DE DEVELOPPEMENT ET UNE RECONNAISSANCE GRANDISSANTE A L’ECHELLE MONDIALE


6/12/2018Franck Olivier Kra



Organe régulateur des deux filières qui sont le coton et l’anacarde, cette Institution fait partie des secteurs les plus prometteurs de l’économie Ivoirienne. La Cote d’Ivoire est le premier producteur mondial de l’anacarde dont 33% de la production depuis l’année 2015. Cette institution avec l’appui du gouvernement pour éviter que 90% de la production nationale brute de noix de cajou soit exportée, et dans le but de ramener de la valeur ajoutée dans la transformation de la quasi-totalité sur place d’ici 2020, a adopté des mesures et des avantages conférés par le code des investissements dans le secteur. A travers les actions en cours nous pouvons citer quelques-unes parmi tant d’autres qui sont faciliter l’accès aux financement à travers un fond de garantie, améliorer la qualité des produits de l’anacarde grâce à des appuis directs des unités de transformations et des laboratoires d’analyse, appuyer les opérateurs pour la commercialisation des produits transformés etc. La technologie est aussi une pièce importante dans le processus de développement de la filière si bien le Conseil du Coton et de l’Anacarde a mis en place avec les concours respectif du Ministère en charge de l’Industrie et du Ministère en charge de l’Agriculture, le Salon International des Equipements et des Technologies de Transformation de l’Anacarde (SIETTA). La troisième édition qui se tiendra à Abidjan du 8 au 10 Novembre 2018. Cette exposition internationale vise à assurer la promotion de la consommation locale des produits dérivés. Monsieur Adama Coulibaly, Directeur général du Conseil nous a reçu au siège de l’institution à Abidjan au bord de la Lagune Ebrié.

 

Par Franck Olivier KRA

 

LA CÔTE D’IVOIRE EST LE PREMIER PAYS PRODUCTEUR MONDIALE D’ANACARDE ET NOUS ESPERONS ATTEINDRE LES 800.000 TONNES ……. IL EST DONC LOGIQUE ET URGENT QUE NOUS PUISSIONS TRANSFORMER SUR PLACE GRANDE PARTIE DE NOTRE PRODUCTION, CE QUI CONSTITUERA UNE VALEUR AJOUTEE DANS LA CREATION D’EMPLOI, DE RICHESSE, DE LISIBILITE ET VISIBILITE DE LA PRODUCTION NATIONALE VERS L’INTERNATIONALE

 

eBiz Africa Review (EAR)Monsieur le Directeur général, quel regard comparatif portez- vous sur les différentes éditions du SIETTA à nos jours?

Adama Coulibaly : Je vous remercie pour l’intérêt que vous portez à notre organisation qui est le Conseil du Coton et de l’Anacarde. Avant de continuer je voudrais rappeler que cette institution est l’organe régulateur des deux filières qui sont le coton et l’anacarde et qui a subi une réforme en 1993.Elle représente deux des filières phares de l’économie Ivoirienne. En ce moment nous sommes en pleine préparation de la troisième édition du SIETTA qui est le Salon International des Equipements des Technologies de Transformation de l’Anacarde. Les 2 premières éditions ont connu des succès qui logiquement nous mettent la pression pour au moins mieux faire . La première édition a été un coup d’essaie qui a été un coup de maître. Le premier salon en 2014 a connu la visite de plus de 4500 visiteurs avec 11 exposants dont l’un d’entre ces professionnels est arrivé avec une chaîne complète de transformation. L’année 2016 qui a marqué l’organisation du deuxième Salon a vu le passage à la vitesse supérieure avec 12000 visiteurs dont 35 pays et nationalités représentées et 29 équipementiers venus d’Europe, d’Asie faisant démonstrations des équipements de dernières technologies. Dans le cadre de ce Salon, des panels dans le cadre de la recherche et développement agronomiques, des scéances B2B ont été organisés pour créer des opportunités de partenariats et d’affaires et bien entendu développer, renforcer et rendre la filière complète. Ces succès ont emmené le gouvernement de la République de Côte d’Ivoire à institutionnaliser le SIETTA qui s’organise tous les 2 ans en alternance avec le SARA qui est le Salon de l’Agriculture et des Ressources Animales.

 

LE SIETTA QUI EST SALON INTERNATIONAL DES EQUIPEMENTS DES TECHNOLOGIES DE TRANSFORMATION DE L’ANACARDE SE TIENDRA A ABIDJAN DU 8 AU 10 NOVEMBRE 2018 ….. ET LA DERNIERE EDITION A RECUS PLUS DE 12000 VISITEURS AVEC 35 EXPOSANTS ET 35 NATIONALITES REPRESENTÉES

 

EAR : L’édition de cette année à la particularité d’être associée à d’autres évènements majeurs qui sont le Troisième Conseil des Ministres du Conseil International Consultatif du Cajou (CICC) et de la conférence annuelle de l’Alliance du Cajou Africaine (ACA); pouvez vous nous faire part de l’apport de ces entités au SIETTA et les mécanismes de rapports qui existent entre votre organisation et les autres ?

A.C. : La troisième édition aura effectivement l’avantage et la particularité de s’enrichir d’autres évènements comme vous l’avez rappelé. Déjà le 29 septembre 2017 le premier Conseil s’est tenu à Abidjan, le 30 Août de cette année nous avons tenu un autre à Cotonou au Bénin et le troisième se tiendra donc à la faveur du SIETTA ici à Abidjan. Il faut rappeler que le CICC est une organisation en phase de création et voulue par un certain nombre de pays qui ont une vision partagée de la filière du cajou et ces pays-là ont bien voulu mutualiser leurs forces et leurs intelligences dans le but de se mettre au même niveau que des organisations tel que l’ICO , l’ICAC dans le coton , l’OPEP dans le pétrole pour ne citer que ceux-là. La filière de l’anacarde a besoin d’être renforcée et nous croyons fermement que cela est indispensable si bien que nous sommes déjà 9 pays producteurs à y adhérer et cela permettra à élargir d’avantage les bases de l’organisation. Tenir ce troisième conseil pendant le SIETTA nous permet de meubler en qualité l’agenda de l’évènement avec la contribution des pays participants et leurs différentes délégations. En marge du SIETTA nous avons aussi la tenue du conseil d’administration du Comcashew qui est une organisation Allemande avec représentation à Accra au Ghana et qui œuvre en plus de ses actions, à la visibilité de la production de la noix de cajou. Nous avons également l’Alliance du Cajou Africain qui a aussi décidé de fusionner son assemblée annuelle avec le SIETTA. Nous assistons donc à une convergence d’activités qui donneront de la lisibilité et de la visibilité de l’évènement SIETTA en Novembre 2018.

 

LE GOUVERNEMENT A OBTENU UN FINANCEMENT DE 100 MILLIARDS DE DOLLARS DE LA BANQUE MONDIALE CE QUI PERMETTRA DE METTRE EN PLACE DES ZONES INDUSTRIELLES DE DE TRANSFORMATIONS ET DES CENTRES D’ANALYSES, DE RECHERCHES ET DE CONTROL DE QUALITÉ SUR LES MEMES SITES ……... DES ZONES SERONT VIABILISEES ET PREPAREES POUR QUE L’INVESTISSEUR POTENTIEL PUISSE SEULEMENT METTRE EN PLACE SES INSTALLATIONS SANS SE SOUCIER DU PROBLEME FONCIER ET AUTRES… TOUT CELA PERMETTRA DE MINIMISER LES SOUCIS DES INVESTISSEURS.

 

EAR : Quels sont les objectifs et les enjeux de ce Salon ? La Côte d’Ivoire organisera également une conférence de l’ICAC très prochainement à Abidjan, quels sont les enjeux de cette 77ème plénière, et pourquoi votre pays a-t-il été choisi comme pays organisateur et quelle est la période choisie ? Quels sont les mesures complémentaires pour booster la production et la transformation de l’anacarde étant donné que votre institution a reçu un financement de 100 milliards de Dollars depuis la banque Mondiale ?

A.C. : L’objectif du SIETTA est d’informer les investisseurs potentiels sur l’évolution des nouvelles technologies dans l’équipement et la transformation des noix de cajou, les informer et les rapprocher de ces équipements, créer un cadre de rencontres entre les équipementiers et les clients ou investisseurs potentiels. Comme vous pouvez l’imaginer, dans la création d’une unité de production l’on est confronté à des contraintes telles que les questions foncières, la question de l’acquisition des équipements et étant donné que notre pays n’est pas producteur de technologies dans ce domaine, l’occasion est donc donnée aux investisseurs de visualiser et de prendre connaissance de ces produits. Cela permettra aussi de nouer des partenariats avec les équipementiers et rendre possible une collaboration durable et soutenue. Cela constitue un temps fort qui permet de contribuer à la facilitation de l’investissement dans le domaine de la transformation.

Quant à la 77eme plénière qui concerne le Comité Consultatif International du Coton, CCIC en français et ICAC en anglais nous avons proposé à nos autorités de présenter notre candidature pour abriter cette séance plénière. Elle a été donc soutenue par la Primature et le Ministère de l’Agriculture et qui à son tour a été accueillie avec enthousiasme pendant la 76eme plénière en Ouzbékistan par les pays membres de l’organisation. Il faut noter que créée en 1939, l’organisation n’avait jamais célébré une séance de telle importance en Côte d’Ivoire. Il est aussi important de faire remarquer que la Côte d’Ivoire jouit d’une bonne réputation dans les milieux financiers et économiques mondiaux. Le fait de participer à ces plateformes qui permettent les rencontres entre les pays producteurs, consommateurs et transformateurs de coton en ayant la Côte d’Ivoire comme pays membre actif lui facilite des actions qui permettent entre autres sa visibilité qui contribue à son développement.

 

LA COTE D’IVOIRE A BESOIN DE L’ESPAGNE ET VICE VERSA…. IL EST VRAI QU’ON ASSISTE DERNIEREMENT A UN RAPPROCHEMENT ENTRE LES DEUX PAYS DEPUIS LE SOMMET UNION AFRICAINE- UNION EUROOPEENNE QUI S’EST TENU EN NOVEMBRE DERNIER EN MARGE DE CET EVÈNEMENT. LES ESPAGNOLS NE DEVRAIENT PAS CONSIDÉRER QUE LE FAIT DE NOTRE HISTOIRE COLONIALE QUI NOUS LIE AAVEC LA FRANCE EMPÊCHE LE PAYS IBÉRIQUE DE S’Y ENGAGER. …… LA CÔTE D’IVOIRE EST UN PAYS OUVERT AU MONDE

 

EAR : Quel rôle spécifique peut jouer l’investisseur Espagnol et d’Amérique Latine dans le développement du secteur du coton et de l’anacarde en Côte d’Ivoire?

A.C. : Le constat est que la Côte d’Ivoire paraît loin de l’Espagne. Lorsque je dis loin il ne s’agit pas là des considérations géographiques sinon politiquement et surtout dans le domaine des affaires. Il est vrai qu’on assiste à un rapprochement dernièrement entre les deux pays depuis le sommet Union Africaine – Union Européenne qui s’est tenu en novembre dernier en marge de cet évènement. Les espagnols ne devraient pas considérer que le fait de notre histoire coloniale qui nous lie avec la France empêche le pays ibérique de s’y engager. Cette idée est totalement erronée car la Côte d’Ivoire est un pays ouvert au monde entier. L’Espagne à sa place dans notre pays de par sa tradition agricole qui s’est modernisée dans ce domaine-là. Ce pays européen est un transformateur textile et consommateur non négligeable de noix de cajou si bien que l’un dans l’autre il serait avantageux que l’investisseur espagnol puisse s’intéresser à ces 2 secteurs qui sont très prometteurs. L’approvisionnement direct à l’Espagne en matière de noix de cajou serait très profitable et compétitif. Nous sommes premiers producteur mondial de noix de cajou et espérons atteindre en fin 2018 la barre de 800.000 tonnes. Malheureusement nous exportons pour l’instant 95% de notre production à l’état brut vers principalement l’Inde et le Vietnam qui la revend sous le label de leurs pays et plus de 33% des amendes de noix de cajou qui circulent dans le monde proviennent de la Côte d’ivoire. Il est donc logique et urgent que nous puissions transformer sur place grande partie de notre production, ce qui constituera une valeur ajouté dans la création d’emploi, de richesse, de lisibilité et visibilité de la production nationale vers l’internationale. Dans ce domaine, le gouvernement nous accompagne en mettant en place des mesures complémentaires qui vont de la prime à la transformation en passant par l’exportation d’amendes non taxées , à l’accès bords champs de l’achat des noix et d’accompagnement des transformateurs dans les négotiations avec les banques pour garantir les prêts que ces transformateurs acquièrent auprès de leurs banques. Au-delà de cela, le gouvernement a négocié avec la banque mondiale pour obtenir un financement de 100 millions de Dollars pour mettre en place des zones industrielles dédiées à la transformation des noix de cajou de façons donc accélérée et faciliter l’installation de ces investisseurs. Quatre villes ont donc été identifiées qui sont Bouaké au centre de la Côte d’Ivoire, Korhogo et Seguéla au nord et Bondoukou à l’est du pays. Des zones seront viabilisées et préparées pour que l’investisseur potentiel puisse seulement mettre en place ses installations sans se soucier du problème foncier et autres. Sur les sites nous aurons également des laboratoires d’analyses et de control de qualité qui permettront de certifier et de garantir la transformation et aussi de minimiser les soucis des investisseurs.

EAR : En tant que leader d’une des institutions économiques les plus importantes de la Côte d’Ivoire, comment emmener vous les membres de votre équipe à partager votre vision pour des résultats positifs et communs ?

A.C. : Vous savez que dans toutes organisations les premières richesses ce sont les femmes et hommes. Ne pas mettre l’accent sur le capital humain serait une grave erreur dès le départ. Dans ces circonstances, l’on atteint difficilement ses objectifs et c’est pourquoi nos agents sont au cœur de nos préoccupations. Dans ce contexte, nous organisons chaque année des diagnostics en interne pour évaluer les points forts et faibles de la structure de façons anonymes. Nous avons logiquement remarqué qu’entre deux exercices d’évaluation, les points faibles se sont réduits de plus de la moitié. La deuxième action menée est de faire une note de cadrage et d’orientation pour rappeler les bons principes de gouvernance, les principes qui apportent la cohésion dans une structure comme la nôtre. Tout ceci nous rappelle l’importance du service publique qui se met à la disposition de nos clients qui sont donc les acteurs de la filière en passant par le pisteur, le producteur, l’acheteur, le transformateur. L’exportateur etc. La nécessité d’aller vers la bonne gouvernance.

 

L’ESPAGNE A SA PLACE DANS NOTRE PAYS DE PAR SA TRADITION AGRICOLE QUI S’EST MODERNISÉE DANS CE DOMAINE LÀ. CE PAYS EUROPEEN EST UN CONSOMMATEUR NON NEGLIGEABLE DE NOIX DE CAJOU SI BIEN QU’IL SERAIT AVANTAGEUX QUE L’INVESTISSEUR ESPAGNOL PUISSE S’INTERESSER A CE SECTEUR QUI EST TRES PROMETTEUR…. ET L’APPROVISIONNEMENT DIRECT A L’ESPAGNE EN MATIERE DE NOIX DE CAJOU SERAIT TRES PROFITABLE ET COMPETITIF.

 

EAR : Comment vous vous définissez comme leader ?

A.C. : Je crois que ce serait une question qui est à poser à mes collaborateurs mais je vais essayer de vous répondre. Selon moi, être leader c’est tout d’abord cultiver l’humilité, être à l’écoute de ses collaborateurs à tous les niveaux et lorsque je dis cela c’est écouter pour comprendre et pouvoir converger avec eux. C’est certes un exercice qui ne s’avère pas facile mais il faut le faire.

EAR : Un dernier mot pour les lecteurs d’eBiz Africa Review (EAR) ?

A.C. : Nous attendons les lecteurs et professionnels à la troisième édition du SIETTA 2018 et ce sera une occasion pour eux de découvrir la filière ivoirienne de l’Anacarde, de découvrir la côte d’Ivoire dans ce qu’elle a de riche de diversifiée. Notre beau pays a besoin de l’Espagne et vice versa. Ce pays Ibérique est un grand consommateur de noix de cajou et producteur de textile. Le savoir faire dans l’industrie touristique espagnol est une référence même dans le cadre de l’agrotourisme. La participation par exemple d’équipementier espagnol aussi bien dans la filière anacarde et coton serait bienvenus et constituerait une opportunité pour les participants.

Comments are closed, but trackbacks and pingbacks are open.